Africana Studia n.º 43 - A Guerra sem nome dos Camarões: identidades plurais e mundos em combate

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Índice

  • Editorial (pág.5)
  • Significado, história e memória
    • Emmanuel Tchumtchoua et Gildas Igor Noumbou Tetam - Les survivances et les enjeux de la mémoire du maquis au Cameroun (pág. 9)
    • Gildas Igor Noumbou Tetam - Du maquis corse aux forêts camerounaises : pour une sémantique historique de la guerre du Cameroun (pág. 21)
    • Edith Marguerite Ekodo Mvondo - Les archives de la guerre de libération au Cameroun : entre négligence institutionnelle et politique de l’oubli (1955-1971) (pág. 29)
    • Dmitri Fanda Nkemeni - Guerre nationaliste et lieux de mémoire dans la ville de Nkongsamba : entre oubli, conservation et devoir de mémoire (pág. 43)
    • R.J. Butler-Jančošková - Le spectre de l’État-historien post commission Ramondy : étude de cas du colloque sur la « guerre mal nommée » du Cameroun tenu au Portugal (pág. 57)
  • Uma sociedade em guerra
    • Christophe Ralite - Essai de sociologie des combattants upécistes (pág. 71)
    • Ada Djabou - Mobilisations des femmes camerounaises dans les années 1956-1971 : le nationalisme au féminin (pág. 79)
    • Basile Anyia Enyegue - L’effort de guerre de la gente féminine dans le mouvement insurrectionnel armé à l’Ouest-Cameroun 1956-1971 (pág. 87)
    • Jean Pierre Ntamag - Une analyse historique de violences contre les femmes durant la décolonisation du Cameroun dans le canton Bisso’o (Sanaga-Maritime), 1956-1970 (pág. 99)
    • Christophe Ralite - La vie sous maquis : les villageois et « les royaumes sans maisons et sans culture(s) » (pág. 111)
    • Gérard Ngandjou Komolo - La tradipratique bamiléké dans la guerre du Cameroun : entre l’offensive et la restauration (1956-1971) (pág.119)
  • Territórios e individualidades – percursos históricos
    • Wilfride Gilbert Nzokou Fotsing - La Guerre d'Indépendance du Cameroun : quelles leçons tirer de l'histoire des territoires maintenus sous état d’urgence après 1971 ? (pág. 131)
    • Wouafo Guifa Samuel - Les parlementaires bamiléké et leur rôle-trouble pendant la guerre d'indépendance à l'Ouest-Cameroun (1956-1971) (pág. 141)
    • Paho Nya Félicité - Job-René Ngapeth : le parcours d’un nationaliste pendant la Guerre d'Indépendance (1948-1971) (pág. 153) Entrevista Odile Biyidi-Awala - Interview menée par R.J. Butler-Jančošková et Prince Tchoudja (pág. 171)
  • África em debate 
    • Hervé Pennec - Pedro Páez et l’História da Etiópia : circulation, réception et postérité d’une oeuvre missionnaire écrite au XVIIe siècle (pág. 185)
  • Notas de Leitura
    • Bahdon Abdillahi - Ousman, Bachir. La brousse des tribus (pág.219)
  • Resumos (pág. 223)
  • Legenda das ilustrações (pág. 239) 

Editorial

Si l’historiographie ne saurait se substituer à la mémoire, elle a pour mission de l’éclairer, de la critiquer et d’empêcher qu’elle ne devienne une prison identitaire. Au Cameroun, la répression politique de longue haleine qui a résulté d’une guerre coloniale mal terminée et d’un nouvel État trop aligné sur l’ancienne métropole a empêché la critique historiographique et la mémoire vivante d’interagir de manière dialectique.
Ce numéro 43 d’Africana Studia est issu d’un colloque organisé hors du Cameroun (FLUP, Porto, septembre 2025). Lors de cette rencontre scientifique la grande majorité des participants étaient des chercheurs camerounais, qui, pour une raison ou une autre, n’avaient pas pu y assister en personne. Le spectre d’une histoire en exil qui plane sur cette guerre ne semble donc pas avoir disparu, d’autant plus que le rapport La France au Cameroun (1945-1971), de la Commission franco-camerounaise (dirigée par l’historienne
Karine Ramondy), a été considéré par beaucoup comme le prolongement d’une historiographie officielle.
Il va sans dire que l’état des connaissances sur cette guerre ne pouvait rester inchangé après les trois années de travail (2022-2025) de la Commission Ramondy, qui au total a ouvert 1.100 boîtes d’archives, déclassifié plus de 2 300 nouveaux documents et recueilli une centaine de nouveaux témoignages oraux1. Pourtant, ce numéro d’Africana Studia propose une relecture différente de celle du « volet « Recherche » de la Commission francocamerounaise ». Les contributions élargissent les problématiques autour de cette guerre mal nommée en portant de nouveaux éclairages et en décentrant le regard par rapport aux objectifs de la Commission, légitimes, mais étriqués, qui consistaient essentiellement à établir la responsabilité de la France dans des crimes de guerre. En refusant l’amnésie institutionnelle et en réhabilitant des voix longtemps étouffées – celles des maquisard upécistes, des femmes nationalistes, des villageois pris dans l’étau des « royaumes sans maisons », des parcours singuliers comme celui de Job‑René Ngapeth, ce projet éditorial vise surtout à s’approcher de la réalité que fut une guerre totale.


Le choix des objects historiographiques le montre. La première section Sens, histoire et mémoire explore les mécanismes de construction, de répression et de réactivation de la mémoire de la guerre d’indépendance camerounaise. Le « maquis » devient le point de départ. Tandis que E. Tchumtchoua/G. Tetam analysent comment sa mémoire, longtemps marginalisée par le récit officiel, a été réactivée par les survivants, la société civile et la diaspora, le deuxième article de G. Tetam examine sa polysémie – tantôt associé à une entreprise criminelle, tantôt à un projet nationaliste émancipateur. E. Mvondo, en s’inscrivant dans l’ archival turn montre comment l’absence de cadre juridique et la volonté politique délibérée ont conduit à la fragmentation matérielle des archives. D. Nkemeni se penche sur le local : la dégradation des vestiges du conflit à Nkongsamba, aujourd’hui encore victimes de négligence. Finalement, R.J. Butler-Jančošková revient sur le colloque initial de Porto et, s’appuyant sur Trouillot et Mbembe, identifie les obstacles structurels qui continuent d’entraver le développement de l’historiographie de ce conflit.
La section suivante, Une société en guerre plonge au coeur des acteurs et des dynamiques sociales du conflit, en donnant la parole aux combattants, aux femmes, aux villageois et aux tradipraticiens trop souvent oubliés. C. Ralite distingue deux profils : un noyau dur de cadres instruits et motivés, et une masse de très jeunes recrues rurales. Ada Djabou et B. Enyegue mettent en lumière le rôle déterminant de l’Union des femmes camerounaises (UDEFEC) dans la lutte indépendantiste. Leurs boycotts, marches et soutiens logistiques, longtemps ignorés par l’historiographie, ont néanmoins bousculé les places subalternes que leur assignaient les autorités coloniales et traditionnelles. N. J. Pierre se concentre, au niveau du local (le canton de Bisso’o dans le Sanaga-Maritime), sur le prix qu’elles ont payé, notamment la violence perpétrée tant par les forces coloniales que par les insurgés.
Dans sa deuxième contribution, Ch. Ralite aborde précisément cette autre zone d’ombre : les dilemmes des non-combattants (chefs de village, paysans), contraints de composer avec les maquisards et l’armée française. Cette section s’achève sur un sujet historiographique peut-être encore moins exploré : le rôle des tradipraticiens bamiléké, dont G. Komolo montre comment ses soins médicaux aux blessés de guerre ont fait d’eux des acteurs de
premier plan au conflit.
La dernière section Territoires et individualités – parcours historiques suit des parcours individuels de territoires et de personnalités ambivalents, entre compromis, répression et oubli. Ainsi, N. F. Gilbert, en étudiant des zones comme le Ndé, le Haut‑Nkam, Nkondjock et Makénéné, conteste la borne chronologique de 1971 comme fin de l’insurrection. W. G. Samuel examine le double jeu des élus bamiléké, à la fois suppôts de l’administration et défenseurs des populations martyrisées : il analyse leurs actions tantôt comme auteurs des troubles, tantôt comme pacificateurs. La section s’achève en évoquant un vaste domaine à explorer : la prosopographie des militants. P. N. Félicité le fait avec l’itinéraire d’un militant upéciste méconnu, qui après 1956 sera l’objet d’accusations nationalistes de détournement.
Il est indéniable qu’après plusieurs décennies de recherches approfondies menées par des universitaires camerounais et grâce aux travaux de la Commission Ramondy, on se rapproche peu à peu de la réalité de cette guerre totale. Souhaitant poursuivre dans cette voie, l’objectif principal de ce numéro 43, bien qu’à une autre échelle, était toutefois de taille : contribuer avant tout à lutter contre la vision réductrice de « l’État-historien » et réaffirmer la nécessité d’une histoire décolonisée et vivante. Peut-être ne faudra-t-il plus longtemps avant que le souvenir de la guerre d’indépendance du Cameroun ne soit définitivement libéré de toute censure.

Enfin, et ce n'est pas le moins important, nous tenons à adresser ici nos remerciements aux services archivistiques des Nations Unies (United Nations Photo Library) qui nous ont permis de publier des photos issues de leur riche fonds iconographique.
Christopue Ralite (LARHRA)
Emmanuel Tchoumchoua (Université de Douala)
Maciel Santos (CEAUP)
 

AFRICANA STUDIA
Revista Internacional de Estudos Africanos/ International Journal of African Studies

Nº de registo: 124732
Depósito legal: 138153/99
ISSN: 0874-2375
DOI: https://doi.org/10.21747/0874-2375/afr
DOI Africana Studia n.º 43: https://doi.org/10.21747/0874-2375/afr43

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Tiragem: 200 exemplares 
Periodicidade: semestral
Design capa: Sersilito
Execução Gráfica: Sersilito-Empresa Gráfica, Lda. – Tv. Sá e Melo 209, 4471-909 Maia

Conselho Científico/Advisory Board: Augusto Nascimento (FLUL), Christophe Ralite (LARHRA), Dmitri Bondarenko (Instituto de Estudos Africanos – Moscovo), Eduardo Costa Dias (CEA-ISCTE), Eduardo Medeiros (U. Évora), Emmanuel Tchoumtchoua (U. Douala),
Jean Gormo (U. Maroua/CEAUP), Joana Pereira Leite (CESA-ISEG), João Garcia (FLUP), José Carlos Venâncio (U. Beira Interior), Malyn Newitt (King’s College), Manuel Rodrigues de Areia (U. Coimbra), Manzambi V. Fernandes (Faculdade de Letras e Ciências Sociais de
Luanda/CEAUP), Michel Cahen (IEP–U. Bordéus IV), Mohammed Nadir (CEAUP), Nizar Tadjiti (U. Tetouan/CEAUP), Paulo de Carvalho (Faculdade de Letras e Ciências Sociais de Luanda) e Philip Havik (IHMT).

Conselho editorial/Editorial Board: AAbdifatah Abdi, Aicha Janeiro, Francisco Topa, Maciel Santos, Manuela Barbosa, Mourad Aty, R.J. Butler-Jančošková e Susana Magalhães.

Venda online: http://www.africanos.eu/ceaup/loja.php
Advertência: Proibida a reprodução total ou parcial do conteúdo desta publicação (na versão em papel ou eletrónica) sem autorização prévia por escrito do CEAUP.
Africana Studia é uma revista publicada com arbitragem científica.
Africana Studia é uma revista da rede Africa-Europe Group for Interdidisciplinary Studies (AEGIS).


Capa: AONU, T/PET.5/1017, Petition du comité central de l'UPC de Baham (Bafoussam),28 novembre 1956.


Este trabalho é financiado por fundos nacionais através da FCT - Fundação para a Ciência e a Tecnologia, I.P, no âmbito do Projeto UIDP/00495/2020.

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Unidade I&D integrada no projeto com referência UIDB/00495/2020 (DOI 10.54499/UIDB/00495/2020) e UIDP/00495/2020.

 

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